En assistant l’autre jour à une présentation remplie de termes anglo-saxons, diagrammes d’ishikawa, et autres théorèmes très intéressants, je me mis à rire (intérieurement bien sûr). Tous ces préceptes érigés en dogmes dès la fin du 20ème siècle n’étaient-ils pas merveilleux. Sans doute … pour ceux qui sont censés les appliquer. Pour les autres ! Sans plus.
La rigueur du « poisson », la compréhension de shakespeare …. Pour un français, un latin. Dur ! Dur ! Soyons humbles, prudents et objectifs dans la mise en œuvre de ces préceptes dans nos entreprises occidentales.
Les théories scientifiques ont ceci d’universelles qu’elles sont …. Universelles. Un atome reste un atome, bien sûr, mais un homme reste-t-il un homme quand on parcoure une grande distance. Si on considère avec un peu d’attention les concepteurs de ces théories il faut bien répondre par l’affirmative. Je ne le ferais pourtant pas. Caetano veloso, dit ‘De près, personne n’est normal », on a tous nos histoires et nos fêlures qui nous rendent uniques. Pourquoi vouloir faire admettre et appliquer à tous, des idées, que notre diversité ne permet pas d’appréhender de manière homogène. Voilà le défi majeur de nos entreprises, faire adhérer à une idée commune (cognitive du chef d’entreprise comme le disait mon éminent confrère) des personnes aux parcours professionnels et personnels souvent très éloignés de cette volonté.
Il est difficile de vouloir modéliser des actions managériales pensant les appliquer à des champs uniformes, alors qu’on a affaire à des individus aux parcours multiples qui ne se retrouvent pas dans ces valeurs souvent imposées. C’est à mon sens, la principale raison de leur échec. Il me paraît bien plus salutaire de s’asseoir sur des valeurs universelles que peuvent constituer, par exemple, le courage, l’abnégation, la politesse, l’humilité, la vérité, … le sens commun
Tout à l’inverse, on nous parle aujourd’hui de performance, rentabilité, efficacité, … comme si c’étaient des valeurs ou des vertus là où ce ne sont que des états. Ce ne sont que des conséquences et non des valeurs viscérales ancrées en l’homme. Comment peut-il, dès lors se les approprier ? Faisons preuve de sagesse et de patience, argumentons, discutons, convainquons, créons l’adhésion autour de projets réalistes et cessons de jouer aux apprentis sorciers, en voulant appliquer les dernières théories à la mode sans discernement. « Ce qu’il y au monde de plus rare » disait La Bruyère.
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